Notizie: POUR UN 18 JUIN LINGUISTIQUE – Lettre Ouverte aux Parlementaires français

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Pour un 18 juin linguistique.
Lettre ouverte à tous les Parlementaires français.

                 Le 12 octobre dernier, en l’anniversaire de la découverte de l’Amérique, le Premier Ministre, Jean Pierre Raffarin, en présentant au Conseil des Ministres le Rapport de la Commission Thélot, chargée par le Gouvernement de formuler des propositions pour la réforme de l’école, a déclaré :«il faut donner à chacun, au départ, la capacité d’avoir accès à un diplôme. Il y a forcément ce que vous appelez les “savoirs fondamentaux” et la reconnaissance et la validation de ces savoirs fondamentaux. Lire, écrire, compter, et je partage votre avis, l’informatique et l’anglais”. Donc pour le Premier Ministre, l’anglais, et non pas une quelconque langue étrangère ou communautaire, doit être considéré comme un savoir fondamental, sur le même plan qu’apprendre à lire, écrire et compter.

Mais curieusement, alors que le Premier Ministre, pour ainsi dire, redécouvre l’Amérique, les médias anglophones (tels que The Economist, The Independent, Newsweek, The Guardian) dénoncent l’ “impérialisme linguistique” de l’anglo-américain: «Devrions nous nous sentir coupables que notre façon de parler est en train d’anéantir tant de langues ? N’est ce pas là une forme plus sinistre de ce colonialisme  que nous pratiquions il y a un siècle ? A’ l’époque on se limitait à prendre leurs matières premières, maintenant nous envahissons leurs têtes en changeant l’instrument par le biais du quel ils pensent: leur langue».
The Indipendent  – “Linguicide: the death of language”

Pour un 18 juin linguistique.
Lettre ouverte à tous les Parlementaires français.

                 Le 12 octobre dernier, en l’anniversaire de la découverte de l’Amérique, le Premier Ministre, Jean Pierre Raffarin, en présentant au Conseil des Ministres le Rapport de la Commission Thélot, chargée par le Gouvernement de formuler des propositions pour la réforme de l’école, a déclaré :«il faut donner à chacun, au départ, la capacité d’avoir accès à un diplôme. Il y a forcément ce que vous appelez les “savoirs fondamentaux” et la reconnaissance et la validation de ces savoirs fondamentaux. Lire, écrire, compter, et je partage votre avis, l’informatique et l’anglais”. Donc pour le Premier Ministre, l’anglais, et non pas une quelconque langue étrangère ou communautaire, doit être considéré comme un savoir fondamental, sur le même plan qu’apprendre à lire, écrire et compter.

Mais curieusement, alors que le Premier Ministre, pour ainsi dire, redécouvre l’Amérique, les médias anglophones (tels que The Economist, The Independent, Newsweek, The Guardian) dénoncent l’ “impérialisme linguistique” de l’anglo-américain: «Devrions nous nous sentir coupables que notre façon de parler est en train d’anéantir tant de langues ? N’est ce pas là une forme plus sinistre de ce colonialisme  que nous pratiquions il y a un siècle ? A’ l’époque on se limitait à prendre leurs matières premières, maintenant nous envahissons leurs têtes en changeant l’instrument par le biais du quel ils pensent: leur langue».
The Indipendent  – “Linguicide: the death of language”

Et pourtant cela n’est pas nouveau dans l’Histoire de France, déjà dans le passé alors qu’un autre Empire – qui aurait dû durer 1000 ans – semait mort et destruction en Europe, la classe dirigeante française, incapable de le combattre, forma un Gouvernement qui, «alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat».

Aujourd’hui, alors que la “Maginot linguistique” de la loi Toubon s’est révélée impuissante à freiner la montée de l’anglais dans la société française – et notamment dans l’industrie et dans les médias -, le Gouvernement français, en la personne du Premier Ministre, sombre dans ce que l’on pourrait appeler “collaborationnisme linguistique” en préconisant une Réforme du système éducatif qui doit déboucher sur l’enseignement de l’anglais dès le CP, sous prétexte de rendre possible l’étude de deux autres langues étrangères dans les années suivantes, et de la sélection des enseignants de tous les sujets sur la base de leur connaissance de «l’anglais, langue de communication internationale».

Il est nécessaire et urgent que vous, les parlementaires appelés à voter cette loi, soyez mis à connaissance des enjeux et des conséquences de ce  “collaborationnisme linguistique”:  comme par exemple l’accélération du génocide linguistique en cours de 90% du patrimoine linguistique de l’Humanité, dénoncé par l’UNESCO depuis plus de dix ans, y compris la progressive marginalisation des langues nationales comme le français, mais aussi les discriminations politiques qui affecteront de millions de citoyens  français et européens (alors que déjà de milliers d’annonces d’embauche demandant une connaissance de l’anglais comme langue maternelle ont été recensées en Europe), et plus en général le transfert de ressources économiques vers les économies des pays anglophones, à commencer par l’Angleterre et les Etats Unis d’Amérique (selon l’Université de Genève, déjà  aujourd’hui le Ministère de l’Education du Gouvernement Américain épargnerait au moins 16 millions de dollars par an du seul fait que l’anglais est la langue dominante dans la communication globale).

Il est nécessaire et urgent que vous réfléchissiez sur le fait que l’on peut donner une réponse démocratique et non violente au besoin vital de simplification dans la communication globale et Européenne et que la seule alternative politique à ce scénario de (auto)colonisation linguistique est celle d’une langue auxiliaire (et fédérale européenne) neutre, comme l’espéranto, qui, pour le dire avec le Newsweek, «met tous sur le même terrain de jeu», et son introduction dans le marché des langues et en particulier dans le système éducatif, soit comme langue étrangère que comme instrument d’orientation linguistique.

Il est en effet nécessaire et urgent que vous soyez mis à connaissance des politiques linguistiques alternatives, notamment dans le domaine de l’éducation: comme, par exemple, du fait que en Hongrie, Etat membre de l’Union Européenne, l’espéranto est enseigné comme langue étrangère, avec un énorme succès, et que grâce à la méthode de Paderborn, illustrée dans la Circulaire Ministérielle du Ministère de l’Education italien 126 du 10 Avril 1995, il serait possible d’enseigner un plus grand nombre de langues étrangères, sans recourir à l’enseignement précoce, à travers l’orientation linguistique en espéranto: «D’après les résultats [d’expérimentations conduites en Hongrie], l’acquisition du russe a été accélérée de 25% par l’étude de l’espéranto; la réduction de difficulté a été de 30% pour l’allemand, de 40% pour l’anglais, et même de 50% pour le français». En particulier, selon les conclusions de cette Circulaire, «la langue internationale [dite espéranto] constitue la base d’une conception adéquate du plurilinguisme dans l’Union Européenne, et elle ouvre la voie à une politique linguistique nouvelle et plus réaliste. En effet:

a. Elle éduque à la construction de la paix, en concrétisant le concept d’appartenance à la seule famille humaine et à un milieu mondial .
b. Elle contribue en fait à la sauvegarde de la diversité culturelle de l’Europe et du monde.
c. Elle permet des relations transnationales, culturelles aussi bien que commerciales, par le truchement d’une langue commune, non discriminatoire, pouvant être complètement acquise pendant les années scolaires d’enseignement obligatoire.
d. Elle facilite, enseignée en orientation linguistique, l’étude et la pleine possession de langues nationales étrangères.
e. Elle évite l’hégémonie d’une ou deux langues “supérieures” dans l’enseignement des langues étrangères optionnelles.
f. Elle enrichit la réflexion sur les langues, y compris sur la langue maternelle elle-même.
g. Elle permet de remarquables économies d’argent et de temps, et pour la formation des enseignants, et pour les études des élèves, avec en plus un profit pour l’étude des autres disciplines, comme par exemple l’étude des langues ethniques étrangères».

Voilà pourquoi – convaincus comme nous le sommes qu’aujourd’hui, comme dans le passé, la France ne sera pas seule dans ce combat, si elle saura solliciter, à travers une proposition authentiquement démocratique les immenses forces (la francophonie, les langues minoritaires, les exclus de la globalisation linguistique anglophone, les fédéralistes européens, la communauté espérantiste…) qui sont en attente d’être organisées et coordonnées,  et que « les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire » – nous vous invitons « à vous mettre en rapport avec nous » et nous vous demandons:

  • De soutenir, et éventuellement présenter, une demande officielle, afin que l’Association Radicale Espéranto, qui collabore depuis 10 ans avec l’UNESCO sur ces sujets, et le Parti Radical Transnational, ONG de premier degré auprès des Nations Unies, soient reçus en audition auprès des Commissions pour les Affaires Culturelles de l’Assemblée Nationale et du Sénat, pour présenter les résultats de notre travail et des connaissances du sujet, que peu d’autres organisations peuvent vanter, avant la discussion du projet de loi sur l’avenir de l’école (n° 2025) ;

  • De concorder et présenter des amendements au projet de loi sur l’avenir de l’école (n° 2025) qui aillent dans le sens de l’expérimentation de l’espéranto ou du moins de l’adoption de politiques linguistiques de réduction des dégâts;

  • De constituer un intergroupe parlementaire “pour la Réforme des politiques linguistiques en France et dans l’Union Européenne” qui pourrait, par exemple, se faire promoteur de la convocation d’une première “Conférence Européenne des Langues” ou lancer, au niveau Européen, l’espéranto comme  “langue auxiliaire de domaine communautaire “.

Car, si, l’on continuera à faire semblant de rien, se limitant à de beaux discours de principe, le “collaborationnisme linguistique” va triompher et nos langues, y compris le français, seront perdues à toujours.  Aujourd’hui comme dans le passé, si la France se rend, c’est l’Europe toute entière qui succombe!

Le Secrétaire: Giorgio Pagano    Le Vice-secrétaire: Lapo Orlandi




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