L’inglese si impone nelle università della svizzera francofona

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Invio qui di seguito una serie di articoli apparsi sul quotidiano svizzero di lingua francese LeTemps. È ormai chiaro che l’anglofonizzazione del sapere è un problema di tutta l’Europa. Credo che sia necessario reagire a questa tendenza!

TEMPS FORT : L’irrésistible passage à l’anglais des universités

Date de parution: Jeudi 20 septembre 2007

Auteur: Nicolas Dufour

• L’anglais se répand rapidement dans les filières de deuxième cycle des hautes écoles suisses.

• Jugée nécessaire en économie et en sciences, cette langue sert aussi à capter des étudiants étrangers.

• Dès lors, faudra-t-il un jour commencer directement des filières académiques en anglais?

Il y a deux semaines, quatre ex-gymnasiens venus s’immatriculer à l’EPFL découvraient le campus: «Ça a l’air chouette.» Chouette, mais grand: dans les allées, pas facile de trouver le bureau recherché. Jusqu’à ce qu’un des jeunes s’exclame: «C’est là, c’est même écrit en anglais: services aux étudiants, student services.»

Détail visible d’une conversion des hautes écoles à l’anglais. Désormais, toutes les institutions suisses proposent plusieurs cursus en partie, voire totalement, en anglais. Ou quand la mondialisation touche les universités jusque dans leur expression quotidienne.

Economie et sciences

La marche vers la langue de Darwin se fait dans le désordre, et souvent au bon vouloir des facultés, mais elle a ses constantes: les sciences naturelles et l’économie s’y sont mises en premier, et resteront les plus concernées. Pour Danielle Chaperon, vice-rectrice de l’Université de Lausanne, «il n’y aura pas de contamination, la plupart des filières de sciences humaines resteront en français. C’est notre identité, et notre atout.» Surprise, pourtant, en théologie, où l’on envisage un cursus en anglais afin d’accroître la visibilité de la discipline fondatrice de l’Université de Genève.

Autre principe, édicté par la Conférence des recteurs suisses (CRUS), l’anglais sera généralisé au niveau du master, mais les bachelors (le premier titre) demeurent dans la langue locale. Toutefois, des exceptions apparaissent déjà, dans certains cours.

Se mettre à l’anglais

Pour les étudiants non anglophones, qui n’ont qu’un bagage scolaire, le choc peut être rude. «Parmi les francophones, certains ont quelques craintes avant le début du master. Elles disparaissent souvent vite», observe Suzanne de Treville, doyenne des HEC à Lausanne. Les responsables des universités romandes assurent qu’ils offrent des leçons d’anglais scientifique, ou des affaires.

Ces cours sont facultatifs, mais dans les sciences ou l’économie, l’enjeu est évident, note Danielle Chaperon: «Si nous n’habituons pas vite les étudiants, on les coupe de la bibliothèque et ils n’auront pas accès aux références importantes.» «On avertit les étudiants», confirme Nathalie Pichard, déléguée à la formation de l’EPFL. Dès cette rentrée, la section d’électricité mène une expérience pilote, avec des cours spécialisés dès le bachelor.

Prise de conscience récente

Au niveau du master, les palettes s’étoffent, même si la prise de conscience est parfois récente: «Jusqu’ici, nous n’avions pas de politique des langues», reconnaît le recteur genevois Jean-Dominique Vassalli. A l’EPFL, le porte-parole Nicolas Henchoz précise «qu’on ne force pas un professeur à enseigner en anglais. Mais le but est que les étudiants étrangers puissent suivre chaque master.» Même la HES de Suisse occidentale promeut l’anglais – l’Ecole hôtelière de Lausanne prend la plus grosse part du gâteau. Cependant, le responsable de la formation, Martin Kasser, fait remarquer qu’en économie d’entreprise l’allemand demeure primordial.

Etudiants d’ailleurs

En toile de fond, la volonté d’augmenter la part d’étudiants étrangers. La CRUS en fait son cheval de bataille. Pas seulement pour le prestige: en Suisse comme ailleurs, la proportion d’étrangers figure parmi les critères de financement public. Et alors que les sciences naturelles connaissent une constante désaffection des jeunes, le recrutement d’étudiants et de doctorants à l’échelle du globe s’intensifie. Et puis, «c’est important dans les domaines où nous voulons acquérir une certaine stature», relève le vice-recteur de Neuchâtel, Daniel Schulthess.

Alors, l’anglais partout, y compris dans l’administration des écoles? Oui, répond Nathalie Pichard à l’EPFL: «Nous voulons offrir un accueil et des services bilingues pour les étudiants de master. La langue est désormais un prérequis pour le personnel.» Danielle Chaperon nuance: «La loi nous impose de communiquer en français. Et il faut que l’étudiant puisse avoir des contacts sociaux. Nous ne voulons pas devenir une enclave anglo-saxonne.» Daniel Schulthess approuve: «L’échange va dans les deux sens. Les étrangers apprennent, au moins un peu, le français.» Il cite le cas de la filière de management du sport, qui a ajouté des cours de français à son offre. Suzanne de Treville acquiesce également: «Il ne vaut pas la peine de venir étudier ici sans rien apprendre sur place.»

All in English?

Si la conversion à la langue de Keynes avance, elle suscite plusieurs questions. Ainsi, pour les étudiants étrangers, il n’existe aucune plateforme suisse. Chaque institution chasse les talents venus d’ailleurs pour elle-même. Parce qu’il estime que «les étudiants étrangers connaissent encore mal les parcours que l’on peut accomplir ici», le vice-recteur genevois Yves Flückiger veut proposer aux autres académies un «inventaire de l’offre romande de formation».

Surtout, le principe édicté par la CRUS – bachelor dans la langue locale, master en anglais – tiendra-t-il longtemps?

Le secrétaire d’Etat à l’éducation et la recherche, Charles Kleiber, en doute: «Dans les sciences techniques, cette option représente une étape. Ne serait-ce que par la contrainte liée au recrutement de professeurs à l’étranger.» De fait, des voix s’élèveront vite pour défendre une immersion anglophone plus précoce, dès l’entrée à l’université.

Mais «l’attractivité du bachelor pour les étrangers reste modeste», note le recteur neuchâtelois Jean-Pierre Derendinger, qui cite le «problème politique» que poserait l’instauration de filières entièrement anglophones. Il ajoute pourtant: «Dans le cas où certains étudiants arrêtent après le bachelor, il y aurait un sens à dispenser une partie des cours en anglais.»

Suzanne de Treville, elle, mentionne d’abord «un problème de ressources. Mais si, face à la hausse des étudiants, nous devons ouvrir une troisième section de bachelor, nous pourrions imaginer donner les nouveaux cours en anglais.»

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